
Bonjour à tous,
Aujourd’hui, un article « spécial coup de coeur ».
Le premier est une BD en ligne, wormworld saga, dont la mise en page est VRAIMENT conçue pour le web, selon le procédé du « infinite canvas » théorisé depuis plus de 15 ans par le distingué Scott McCloud. Quand je vois avec quel naturel on se déplace dans cette bd, je me dis que la BD numérique va offrir bien plus de possibilités narratives que les bons vieux albums que nous connaissons déjà. Comme bien d’autres, je suis de plus en plus convaincu que le 46-pages-cartonné-couleur vit ses dernières années, et que la généralisation de ces objets de luxe comme unité de base de la production franco-belge est absurde et à terme non viable économiquement, tant pour les auteurs que pour les lecteurs.
Le deuxième coup de coeur va encore plus loin dans l’expérimentation, au point de devenir une véritable oeuvre multimédia : il s’agit de Nalwz. Attention, virtuosité extrême !
Le troisième et dernier coup de coeur est le trailer d’un jeu vidéo développé par Adhesive games, Hawken, dont l’esthétique urbaine trash est magnifique.
Enjoy !
W.

Bonjour à tous,
Lors du tchat que j’ai eu avec quelques lecteurs le 8 février dernier, plusieurs de mes interlocuteurs m’ont posé des questions sur la manière dont j’élaborais mes pages de BD. Puisqu’un petit dessin vaut souvent mieux qu’un long discours, je me permets d’exhumer un « pas-à-pas » que j’avais posté sur le forum CFSL il y a quelques mois. Vous reconnaîtrez vite la première page de l’album. J’ai détaillé sept grandes étapes, que voici :
1/ Storyboard phase 1 : c’est une étape qui a décontenancé certains de mes collègues – lesquels s’en passent allègrement pour commencer directement à l’étape 2 – . Venant de l’animation, j’ai remarqué qu’il m’était plus facile de visualiser ma mise en scène sous forme de cadres cinéma, afin de traquer les faux raccords, de varier les cadrages etc … sans me préoccuper de la mise en page. Vous remarquerez que chaque ligne de cadres correspond à une page, qui ne contient que 10 cases maximum : au delà, la page devient trop chargée et illisible, d’autant qu’il faut dès à présent anticiper l’espace que prendront les bulles. (d’ailleurs, j’écris les dialogues en parallèle du story-board)

___
2/ Story-board phase 2 : La BD, c’est beaucoup plus qu’un story-board de cinéma, et l’étape de la mise en page en est la meilleure illustration : il s’agit ici de varier les formes des cases, afin par exemple de mettre en valeur une vaste scène en lui consacrant un tiers de page, ou de suggérer un hors champ par une longue case à bord perdu …

___
3/ Crayonné : Une fois cette première mise en place terminée, commence la phase de crayonné. N’ayant plus la mise en page ni la mise en scène à penser, je peux me concentrer à organiser précisément tous les éléments contenus dans chaque case : je trace les perspectives, travaille l’expressivité des personnages et mets en situation les design que j’ai créé au préalable ; c’est aussi le moment de mettre les bulles définitives, car les dialogues sont terminés à ce stade.

___
4/ Encrage : Grâce au crayonné, je peux me lancer dans la mise au propre des images : c’est l’encrage. (quoiqu’il n’y ait pas plus « d’encre » que dans les précédentes étapes, vu que je travaille exclusivement en numérique …). Quand je dis « mise au propre », je suis un peu réducteur car l’encrage n’est pas seulement un nettoyage, c’est aussi – et surtout- l’occasion de travailler la sensibilité du trait plus en finesse.

___
5/ Colorisation phase 1 : il est alors temps d’attaquer la couleur. Le trait noir est placé sur une couche à part, et les teintes sont travaillées sur une couche située en dessous (pour ceux qui connaissent photoshop). Je commence par un jus qui pose l’atmosphère dans ses grandes lignes. Bien souvent je travaille plusieurs pages à la fois, histoire de varier les ambiances au fil des séquences, et de les remanier les unes par rapport aux autres sans trop entrer dans les détails

___
6/ Colorisation phase 2 : J’affine, page après page, grâce à des pinceaux numériques personnalisés (dont je détaillerai l’usage dans une autre note)

___
7/ FX : Dernière étape, celle des « effets ». Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’employer des filtres Photoshop, tristement célèbres pour avoir souvent tendance à stéréotyper les images à outrance ! Ici, les effets désignent quelques ajustements généraux des couleurs, ou encore l’ajout de fumées et d’atmosphères plus ou moins denses qui estompent les traits d’encrage et les couleurs : ces effets ajoutent de la profondeur à une scène, afin de donner l’impression de respirer l’air lourd d’une taverne ou bien le vent frais du grand large …

___
Et voilà la page terminée, du moins dans sa partie dessin ! Il restera encore tout un travail de correction des textes et de préparation des images à l’impression, un travail dont se chargera le studio graphique de l’éditeur.
Une prochaine fois, je m’attarderai sur les étapes plus « scénaristiques », celles qui préparent au storyboard et qui déterminent ce que contiendra chaque album de la série, chaque scène d’un album et même chaque page d’une scène. Mais ça, c’est encore une autre histoire …
W.

Good mornin’,
Voici un petit récapitulatif des dates et des lieux où je dédicacerai l’album « De chair et d’écume » :
- Samedi 12 mars, à partir de 16h, à la librairie Album, boulevard Saint-Germain à Paris.
- Vendredi 18 mars, de 16h30 à 19h au Salon du Livre de Paris (stand Dargaud).
- Samedi 19 mars, à 14h, à la librairie Lotus Noir, 277 rue Vanderkindere 1180 Bruxelles – sur réservation- (Belgique)
- Dimanche 20 mars, de 14h à 18h, aux rencontres BD-Brabants, chaussée de Malines 110-1970 Wezembeek Oppem (Belgique)
- Samedi 9 avril et dimanche 10 avril, au festival BD « Bulles dans le lac » de Cublize (Rhône 69)
- Samedi 18 juin et dimanche 19 juin, au Festival des Jeunes Auteurs de St Geoirs (Isère 38)
J’espère vous y voir nombreux !
W.








