Cette semaine, je tiens à dire que mes pensées vont au Japon dont certaines régions traversent un véritable enfer.

Evidemment, il y a des gens qui nous diront que c’est un pays riche qui n’a pas besoin d’aide humanitaire, un pays qui n’aurait pas du construire de centrales nucléaires près de la mer, ou encore – pour les plus cons – un pays qui paye sa dette de Pearl Harbor …

Qu’ils aillent exposer tous ces beaux arguments au père qui hurle dans les décombres le nom de son gamin ou de sa femme ; qu’ils s’adressent à la mère qui cherche désespérément de l’eau pour sa famille au milieu des ruines inondées d’eau de mer – vous savez, la flotte salée qui déshydrate et qu’on ne peut pas boire bien qu’il y en ait partout -. Quand on perd ses proches et sa maison, c’est toujours le même drame, que ce soit à Haïti ou au Japon. Courage à eux et aux sauveteurs qui se démènent pour les tirer de là !

Et un hommage aux techniciens de Fukushima, les « cinquante » comme on les surnomme outre-Manche, qui se sacrifient pour éviter la catastrophe. Les gens qui, tout comme moi, ont un proche atteint de leucémie comprendront mieux à quelle saloperie ces employés s’exposent : s’ils s’en sortent, s’ils réussissent à refroidir les réacteurs, ils seront certainement fêtés comme des héros. Leur récompense ? Que la vie reprenne, que le salaryman continue de passer dix heures par jour au bureau avant de se sâouler avec son patron le soir, que les cosplay de Tokyo se réunissent de nouveau sur leur pont préféré le dimanche matin, que les gamins retournent à l’école avec leur costume et leur cartable hors d’âge, que mille petites histoires individuelles et collectives perdurent …

Aurons-nous une pensée pour ces « cinquante de Fukushima » lorsque, dans quelques mois, quelques années, ils se battront dans un hôpital lambda contre la maladie qui progresse et leur détruit le sang ? Lorsque qu’ils seront anéantis de fatigue par le poison de la chimiothérapie, amaigris et sans appétit ? Lorsqu’on leur annoncera que le traitement n’a plus d’effet ?

Un jour je ferai un projet qui parlera d’eux. De ceux de Tchernobyl aussi.

De près ou de loin.

W.